Raison et Sentiments

raison et sentimentsAuteur :  Jane Austen ( Royaume-Uni )

Biographie : Jane Austen fait partie d’une fratrie de huit enfants. Son père, George Austen, est pasteur et les revenus de la famille Austen sont modestes mais confortables. En 1782, Jane et Cassandra, sa sœur, sont envoyées à l’école à Oxford, puis à Southampton et à l’Abbey School de Reading. Après une éducation brève, qu’elle complète grâce à la bibliothèque paternelle et aux conversations familiales, Jane commence à écrire. Elle va travailler avec acharnement (pratiquement jusqu’à sa fin), malgré une relation amoureuse douloureuse, la mort de son père et la maladie, dont elle va mourir à quarante-deux ans.

Présentation : Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgeoisie locale étriquée et à l’hypocrisie feutrée.

L’aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s’éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de cœur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu’au jour où Willoughby disparaît…

Mon avis : Je ne suis pas une familière de l’univers de Jane Austen mais je suis définitivement conquise. Je gardais un très bon souvenir du film ( il est très rare que je visionne les adaptations de romans) et je me suis finalement décidée de le lire. Si à priori, le récit peut paraître fade au premier abord, il n’est question que d’héritages, de rentes et de potentiels prétendants, le style de Jane Austen compense le reste. Elle dépeint avec ironie et parfois même de l’humour, le caractère plutôt étriqué et parfois ridicule, de ses contemporains en cette Angleterre du XVIII ème siècle. C’est une lecture définitivement rafraîchissante et qui plaira d’avantage à ces dames qu’à ces messieurs à mon humble avis.

Le Diable, tout le temps

le diableAuteur : Donald Ray Pollock ( États-Unis )

Biographie : Donald R. Pollock vit à Chillicothe (Ohio) où il a travaillé dans une usine de pâte à papier pendant trente deux ans en tant qu’ouvrier et conducteur de camions. C’est à l’âge de 50 ans qu’il publie son premier ouvrage, un recueil de nouvelles intitulé « Knockemstiff ». Son deuxième ouvrage, « The Devil All The Time » (« Le diable, tout le temps »), paraît en 2011. Publishers Weekly le considère comme l’un des dix meilleurs livres de l’année. En France, il remporte notamment le Grand prix de littérature policière et le prix du Meilleur livre de l’année du magazine Lire en 2012, puis le Prix Mystère de la Critique en 2013 avec ce second roman.


Présentation:
Dans la lignée des oeuvres de Truman Capote, Flannery O’Connor ou Jim Thompson, un roman sombre, violent et inoubliable sur la condition humaine.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Willard Russell, qui a combattu dans le Pacifique, est toujours tourmenté par ce qu’il a vécu là-bas. Il est prêt à tout pour sauver sa femme Charlotte, gravement malade, même s’il doit pour cela ne rien épargner à son fils Arvin… Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et prend de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Theodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Donald Ray Pollock s’interroge sur la part d’ombre qui est en chaque individu, sur la nature du Mal. Son écriture est d’une beauté inouïe mais sans concessions. Avec maestria, il entraîne le lecteur dans une odyssée sauvage qui marque durablement les esprits.

Mon avis: Je sors de cette lecture avec la sensation d’avoir reçu un coup de poing à l’estomac. C’est violent, cruel, sombre et malsain. C’est toute la misère humaine que nous dépeint Pollock à travers le destin d’une bande de paumés ou « sans âmes ». Ça commence mal, ça continue encore plus mal, et ça finit encore pire… Je recommande vivement mais à condition d’avoir le cœur bien accroché.

 

Défense de tuer

Defense-de-tuerAuteur : Louise Penny

Description: Au plus fort de l’été, le Manoir Bellechasse, un hôtel luxueux des Cantons-de-l’Est, accueille les membres d’une riche famille canadienne-anglaise venus rendre un hommage à leur défunt patriarche. Dans les esprits comme dans le ciel, l’atmosphère s’alourdit et une tempête s’abat, laissant derrière elle un cadavre presque trop bien mis en scène. Mais qui aurait l’audace de tuer sous les yeux de l’inspecteur-chef Armand Gamache qui célèbre là, comme chaque année, son anniversaire de mariage ? Au cœur des bois, derrière les convenances et les sourires polis, la haine et le passé refont surface, persuadant Gamache que le meurtre est comme l’orage : une libération.

Mon avis: Et vous pensiez que votre famille était dysfonctionnelle ? Bienvenue chez les Morrow ! Louise Penny nous entraîne dans huis-clos dans un hôtel au Canada en plein été caniculaire. Ce roman est mon premier de cette auteure dont le style rappelle beaucoup celui de la très illustre Agatha Christie. L’intrigue progresse lentement, des indices sont semés à petites doses, j’avoue avoir été dupée et avoir suspecté le mauvais personnage ! En résumé, j’ai passé un très agréable moment et je recommande vivement.

Le club Jane Austen

club jane austenAuteur: Karen Joy Fowler

Description: En ce début de XXe siècle, un club singulier voit le jour en Californie. Comme d’autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l’œuvre de Jane Austen. S’ensuit une sublime chronique sur l’air du temps où la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l’éternelle tragi-comédie des sentiments, et son tourbillon de rencontres, d’épreuves, de séductions et de jeux entre l’impossible et le possible que seul peut dénouer l’amour. Car, comme vont le découvrir les membres du club, il n’est peut-être de plus belle fiction que la plus ordinaire des vies.
Avec Le club Jane Austen, aux conversations tour à tour enjouées, intelligentes et anodines, Karen Joy Fowler nous offre un roman délicat et réussi, qui célèbre le bonheur de la lecture.

Mon avis: Très belle découverte que celle de ce roman. Au fil de ces réunions au cours desquelles les membres du club échangent leurs impressions sur les romans de Jane Austen, nous en apprenons un peu à chaque fois sur leurs vies, leurs amours, leurs peines et leurs désillusions. Le narrateur (de qui s’agit-il ?) observe ces individus et nous livre leurs petits secrets. Lecture très divertissante, roman rafraîchissant, je relirai cette auteure.

Virginia

virginiaAuteur: Jens Christian Grøndahl

Présentation: Nous sommes en 1943, et les bruits de la guerre n’épargnent pas même cette grande demeure bourgeoise construite au bord de la mer du Nord. Ses propriétaires, un couple sans enfants, accueillent leur jeune neveu de quatorze ans, mais aussi la fille adolescente de la couturière de Madame, pour la mettre à l’abri des bombardements qui menacent Copenhague.

Lorsqu’un avion s’écrase non loin de là dans les dunes, un drame silencieux va se nouer entre les deux adolescents et un pilote britannique…

Mon avis: Un roman très bref, dépouillé et extrêmement émouvant où le narrateur se remémore un épisode survenu lors de son adolescence et qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours. Par petites notes subtils, l’auteur nous distille des détails sur la vie gâchée de Virginia. Le narrateur saura-t-il se faire pardonner ? Je vous laisse lire ce merveilleux roman afin de la découvrir.

L’Île Panorama

Auteur: Edogawa Ranpo

ile-panoramaPrésentation: Pour réaliser un rêve fabuleux, un étudiant, passionné par les œuvres d’Edgar Allan Poe, entreprend la construction d’une île idéale conforme à son imagination : usurpation d’identité, assassinat, délires mentaux, mystifications et mises en scène fantastiques nous entraînent dans un monde étrange et merveilleux, un paradis sur terre qui pourrait bien s’appeler aussi l’enfer. Pour s’en faire une idée, le lecteur devrait sans doute puiser dans ses cauchemars les plus extravagants, les plus cruels, mais aussi les plus beaux.

Mon avis: Il s’agit de mon premier roman d’Edogawa Ranpo et pour sûr, j’y reviendrai. Son écriture est précise, sans fioritures, et cette histoire se lit d’une traite. L’intrigue et le style notamment rappellent énormément ceux d’Edgar Allan Poe dont l’auteur japonais était un grand admirateur ( vous le remarquerez dans la sonorité de son pseudonyme). Sans aucun doute, je recommande.

L’Odeur

lodeurAuteur: Radhika Jha

Présentation: Quand son père est tué dans une émeute au Kenya, Lîla quitte les grands espaces africains pour un appartement exigu en banlieue parisienne, chez son oncle et sa tante, d’origine indienne comme elle. C’est ainsi qu’elle découvre Paris et que sa vie prend un nouveau cours, riche en rencontres déroutantes – avec pour seul repère la singularité de son odorat qui fera merveille dans l’art culinaire et qui, peu à peu, colorera les moindres moments et émotions de son existence. Elle suivra avec son nez un univers d’arômes, d’épices et de sensualité jusque dans les péripéties de sa vie amoureuse. Et ce don qui est aussi une malédiction deviendra la clé d’une nouvelle découverte de soi et du monde.

Mon avis: Je sors frustrée de cette lecture, la quatrième de couverture était pourtant bien alléchante. Ce roman a reçu le Prix Guerlain en 2002 et a été comparé au merveilleux roman de Patrick Süskind Le Parfum. Pour ma part je n’ai pas accroché du tout, dès le départ j’ai trouvé le personnage de Lîla fade, ses péripéties peu crédibles et la fin, la fin… Bref, je suis restée sur ma faim ! Lisez plutôt Le Parfum, est chef d’œuvre 😉

La Fin d’une liaison

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« Elle m’avait dit : L’amour n’a pas de fin. Même si nous cessons de nous voir. Est-ce que les gens ne continuent pas d’aimer Dieu toute leur vie sans le voir ?

– Ce n’est pas le même amour que le nôtre.

– Je pense parfois qu’il n’en existe qu’un, répondit-elle.

Tandis que je la guidais avec précaution à travers le vestibule démoli, l’éclairant de ma lampe de poche, elle ajouta:

– Tout doit se passer très bien. Si notre amour est assez grand. Les vitres des fenêtres brisées craquaient sous nos pieds. Seul le vieux vitrail victorien au-dessus de la porte restait solide.

Le verre écrasé devenait de la poudre blanche, comme la glace que les enfants piétinent dans les champs gelés ou sur les bords des routes. C’était la première nuit, en juin 1944, de ce que nous appelâmes, par la suite, les V 1. »

Grosse, grosse déception que la lecture de ce roman. Je n’ai pas réussi à embarquer dans cette histoire, à éprouver ne serait-ce qu’une once de sympathie envers les personnages… J’avoue avoir eu envie de décrocher à plusieurs reprises. Pourtant les critiques étaient excellentes. Peut-être n’étais-je pas dans l’état d’esprit approprié ?! Bref, je ne ressors pas de cette lecture bouleversée, loin de là…

La Poursuite du bonheur

poursuite-du-bonheurUn jour d’enterrement bien triste. Une vieille dame, dans le cortège, qu’elle n’a jamais vu. Kate Malone l’ignore encore mais, alors que son passé entre en terre, un autre, inconnu, s’apprête à éclater au grand jour…

Cette histoire occulte commence à Greenwich village, au lendemain de la guerre. Tout ce que la jeunesse de Manhattan compte d’artistes excentriques et prometteurs tente d’oublier trois d’horreur dans l’appartement enfumé du dramaturge Eric Smythe. Un premier Thanksgiving sous le signe de la paix.

Dans le joyeux désordre de ce soir de fête, Jack Malone liera à jamais son destin à celui de Sara. Malgré l’ombre grandissante de la chasse aux sorcières, malgré la mort, malgré l’Amérique, ces deux-là se battront, jusqu’au bout, pour leur droit au bonheur…

Histoire très touchante que celle qui lie le destin de ces deux femmes, Sara et Kate. Plus de quarante ans les séparent mais un homme, Jack Malone, le père de Kate, fera que leurs destins convergent. L’ Amérique se construit doucement, le maccarthysme fait des ravages et le bonheur qui semblait à portée de main, s’échappe.

Le temps de la passion

le-temps-de-la-passionÀ première vue, Mary-Margaret O’Reilly est une jeune fille douce et désireuse de se rendre utile auprès du père Diamond dans l’église du Sacré-Coeur du quartier de Battersea. Lorsqu’elle travaille, la fervente Mary- Margaret s’attarde toujours sur la statue du Christ. Un jour, elle décide de lui offrir une toilette déférente et adoratrice.

Mais un événement étrange se produit : elle croit reconnaître quelques gouttes d’un sang qui n’est pas le sien. La rumeur se répand vite qu’à Battersea une jeune femme a vu saigner le Christ en croix. La petite église est alors envahie par des hordes de coureurs de miracles. Et Mary-Margaret, persuadée d’avoir été«élue », bascule dans le fanatisme.

Puissant et hautement symbolique, ce roman explore la nature de la foi, ce qu’elle charrie de passions et de solitudes. Au cœur de Londres, la paroisse est un concentré d’humanité et le théâtre des petits drames et des grandes tragédies de mères de famille transcendées par l’amour, la douleur et la recherche de la vérité.

Si vous êtes déprimé(e) et n’avez pas le moral, passez votre chemin, j’ai pleuré et encore pleuré en lisant ce très beau roman, que je recommande malgré tout 😉